Le cerf de virginie
le nourrissage artificiel, une pratique risquée.

Nous reproduisons ici un extrait d'un texte produit par le Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec, concernant le nourrissage artificiel des cerfs. Ce texte nous apprend que nourrir les cerfs cause plus de dommages qu'autre chose à moins que l'on s'y connaisse très bien. Le document original s'intitule ' Fascicule 4 : Des pratiques à éviter. L'abattage, le débroussaillage, le pacage des animaux de ferme dans les boisés, la disparition de massif boisés, le nourrissage artificiel. '. Vous pouvez le consulter dans son intégralité sur le site du Ministère (cliquez ici).

Les cerfs de Virginie sont devenus des animaux familiers du paysage périurbain. Afin de mieux les observer ou tout simplement pour en prendre soin, plusieurs personnes s'adonnent au nourrissage hivernal des cerfs à des fins de loisir.

Bien que les cerfs, au Québec, perdent de l'énergie tout au long de l'hiver et que cette situation est plus critique durant les hivers rigoureux, le nourrissage artificiel à des fins de loisir est une pratique risquée qui a de sérieuses conséquences même si elle est motivée, à l'origine, par de bonnes intentions.

Le nourrissage artificiel peut causer de sérieux problèmes de santé aux cerfs si la nourriture qui leur est fournie est inadéquate. Elle peut également retenir les cerfs dans des milieux moins favorables pour eux, c'est-à-dire hors des ravages où ils se réfugient normalement au cours de la période hivernale. Les cerfs sont alors plus vulnérables et exposés aux prédateurs. Cette activité entraîne des dommages en périphérie des sites de nourrissage puisque les cerfs s'y concentrent. Ces derniers peuvent alors surexploiter la végétation des boisés et causer des dommages aux propriétés privées. Enfin, on note régulièrement une augmentation des accidents routiers sur les routes aux environs des points de nourrissage.


photo: Jim Schultz

Les personnes qui tiennent malgré tout à nourrir les cerfs doivent savoir que le système digestif de ces animaux, en hiver, s'adapte pour digérer efficacement de petites branches.Ainsi, si l ’on tient à les nourrir, il est préférable de leur donner des ramilles d'essences feuillues (érables, saules, noisetier, bouleaux, frênes, sorbier, peuplier faux-tremble, etc.) et de certaines essences résineuses (cèdre, pruche).

Les cerfs ont besoin pendant l'hiver d'une nourriture contenant beaucoup de fibres (30%-40 %)et peu de protéines (10 %).Ainsi, les moulées à cervidés maintenant offertes par certains détaillants en alimentation animale sont les plus appropriées des nourritures artificielles. Par contre, les moulées destinées aux animaux d'élevage et les grains purs sont déconseillés parce qu'ils contiennent trop peu de fibres et peuvent entraîner une inflammation du rumen, maladie parfois mortelle pour le cerf. Les fruits, légumes, pain et restes de tables sont à éviter puisqu'ils demandent aux cerfs, pour leur digestion, davantage d'énergie qu'ils ne leur en procurent et peuvent causer des diarrhées et des ballonnements. Le fourrage comporte, quant à lui, le désavantage de procurer de l'énergie seulement s'il est ruminé très longtemps. Par conséquent, les cerfs sont contraints de réduire le temps consacré normalement à la recherche de nourriture.

Les cerfs nourris artificiellement deviennent dépendants de la nourriture qui leur est offerte. Ainsi, les gens qui commencent à nourrir les cerfs ont la responsabilité de continuer à leur procurer de la nourriture appropriée jusqu'à la fonte des neiges, ce qui demande beaucoup de temps et d'argent.

Dans les secteurs où la rigueur de l'hiver limite considérablement la survie des cerfs et maintient la population à un niveau peu élevé, des programmes de nourrissage d'urgence sont mis en oeuvre et encadrés par le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec. Ces mesures très exceptionnelles existent présentement dans les régions de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. Elles nécessitent le concours de nombreux bénévoles et sont planifiés avec soin. Ailleurs, là où les cerfs sont plus nombreux et étant donné qu'il s'agit d'animaux sauvages, nous recommandons plutôt de laisser la nature faire son oeuvre.

Pour venir en aide aux cerfs, il est plus approprié d'assurer une source d'alimentation naturelle en faisant des travaux sylvicoles qui permettent d'augmenter la disponibilité des ramilles dans les boisés.

Pour en savoir plus sur le nourrissage artificiels des cerfs, consultez le dépliant produit par la Fédération québécoise de la faune et le MRNFP disponible sur le site Internet www.mrnfp.gouv.qc.ca